Pourquoi rester

Je me souviens que les premières fois que je me suis demandé "comment vivre en chrétien", j'ai aussitôt considéré ce que je pouvais ôter de ma vie. La foi est dépouillement, car elle pousse sans cesse vers Dieu, à se libérer de l'emprise du monde. Je n'avais pas besoin de télé, de renouveler mes vêtements, de faire des fêtes, de boire. Et puis, considérant mes études, mes stages, mon CV, je me suis rendu compte qu'appréhender ma vie comme un "projet professionnel" allait à l'encontre de ma propre nature. On ne peut pas formater sa vie en une tentative linéaire pour "arriver" à l'économie, sans, dans le même mouvement, aplanir en nous toute velléité transcendante. On habitue la personne, dès l'enfance, à considérer son existence comme une successions d'objectifs à remplir, pour arriver toujours à des objectifs meilleurs. C'est l'idéologie du progrès appliquée à la vie entière, une certaine conception du bonheur comme happening économique.

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Pour comprendre le présent

Quelques liens utiles pour avoir une meilleure perception critique de la situation. Parce qu'arrive un moment où laisser la parole aux autres est la meilleure chose à faire.

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Nouvelle polémique autour de Benoit XVI

A son retour à Rome, par une belle après-midi ensoleillée, le Pape aurait confié à une journaliste : "Il fait beau aujourd'hui !" Ces propos ont aussitôt soulevé dans le monde entier une immense émotion et alimentent une polémique qui ne cesse de grandir.

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La (re)conquête du réel

Le grand travers des réactionnaires d'aujourd'hui, c'est qu'ils considèrent incarner un pays réel, la plupart par opposition à la culture médiatique urbaine ou celle de la banlieue. On imagine que l'ennemi est l'étranger, le culte du métissage, ou la complaisance pour les vaincus historiques. On considère notre bonne vieille terre envahie par des gens qui ne sont pas du sang, notre bonne vieille tradition contaminée par la bien pensance, notre bonne vieille religion souillée par l'islam, et on imagine que c'est là le problème.

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Cette guerre où nous vivons

« Un jour, une société a tenté, par des moyens innombrables et sans cesse répétés, d’anéantir les plus vivants d’entre ses enfants. Ces enfants ont survécu. Ils veulent la mort de cette société. Ils sont sans haine. »

Tiqqun, 1999

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L'Eglise en danger

Réaction suite à la réponse nuisible de Williamson.

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Un acte oecuménique mal orchestré

Au-delà des attaques diffamatoires prétendant que le pape est conservateur et tolère le négationnisme, force est de constater que la levée des excommunications a donné lieu à des interrogations légitimes. Le cardinal Schönborn l'a reconnu à raison. J'ai retiré mon précédant message "Diabolique communication", non pas parce que je ne penses plus ce que j'y ai dit (en substance : que la manière dont les faits sont rapportés a pris plus d'importance que les faits eux-mêmes), mais parce que les nouveaux faits montrent que le problème va bien au-delà.

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Crise et mécontentement populaire : l'estomac occidental gargouille

Une nouvelle fois, la rue a parlé. Mais bien malin celui qui affirme avoir compris ce qu'elle a voulu dire. Une telle foule émet-elle seulement un discours intelligible ? Peut-être que oui, si l'on admet d'abord son hétérogénéité et, ici, l'éclatement des revendications. Le site du Monde a fait état de cet éclatement révélateur : éducation, pouvoir d'achat, régularisation de sans-papiers, statut des intermittents, colère face aux inégalités grandissantes, inquiétude par rapport aux conséquences de la crise, opposition aux réformes gouvernementales... Du bruit pour soi, un fracas d'égos qui profitent de la crise pour faire entendre leur volonté d'avoir, de l'envie en pagaille.

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Petit bilan du colloque "Chrétiens et pic de pétrole"

Au retour de cette belle rencontre qui s'est déroulée à Lyon les 24 et 25 janvier.

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Choisir son maître

Comment avez-vous pu oublier, orgueilleux hommes du siècle, comment avez-vous pu oublier que vous êtes venus au monde avec la loi d'en sortir ?

Sébastien Lapaque, Sermon de saint François d'Assise aux oiseaux et aux fusées, Stock, 2008

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Le paradis qui est

Critique de l'article Le paradis à (re)conquérir (titre original : The paradise (to be) regained) de Henry-David Thoreau, paru en novembre 1843 dans The United States Magazine, and Democratic Review.

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Du désir d'insurrection

Tout le monde se souvient de novembre 2005 et des milliers de véhicules brûlés dans toutes les villes, de cette folie qui a embrasé, spontanément, la France entière. Dans les rues, ce n'étaient pas les racailles sans foi ni loi, ce n'était pas des terroristes, mais des gens ordinaires pour lesquels, soudainement, combattre les représentants de l'État faisait davantage sens que de se taire et de subir un quotidien médiocre. De même en Grèce, où les émeutiers on conscience de faire le mal, mais ont l'intuition irrépressible que c'est mieux que de ne rien faire. On n'a pas de job, pas d'argent, un Etat en faillite avec la crise, et tout ce qu'il a comme réponse, c'est de donner des armes aux policiers, résume l'un des émeutiers à Athènes, cité par Le Monde. Alors, ce n'est peut-être pas bien, ce que l'on fait, mais au moins, on fait quelque chose. Combattre ensemble, contre les forces organisées de l'Etat, a plus de sens que de sombrer dans les ténèbres d'une vie propre, mais frustrée de tout engagement intégral, de toute transcendance. Parce que l'ennemi policier, gardien du néant, grand défenseurs du désert, veut notre soumission à un ordre injuste, meurtrier, aliénant, il devient naturel de s'y opposer.

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Soyons libéraux

Avec la crise, tout concorde, semble-t-il, pour condamner l'idéologie libérale qui a permis aux puissances financières une impunité désastreuse pour les travailleurs et les pauvres. Pourtant, il semble important de rappeler que le mot "libéral" ne doit pas devenir un gros mot, un de ces mots bannis par la pensée dominante pour mieux rapetisser nos intelligences. Ce courant philosophique a tout de même été à la base d'une grande émancipation des individus depuis des siècles, contre toutes les inféodations et les inégalités du droit. Ce qui l'incrimine, le décrédibilise, c'est son application économique catastrophique, son instrumentalisation par les forces de l'industrie.

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Les enfants aussi iront en taule

J'écrivais il y a quelques mois qu'à 13 ans, on était déjà perçu comme un concurrent, un ennemi capable de nuir et qu'il convient de réprimer. Aujourd'hui, cela est déjà dépassé. Madame Rachida Dati demande que l'âge d'emprisonnement soit baissé à 12 ans. Pour elle, c'est "une question de bon sens". Puisque la violence des plus jeunes ne cesse d'augmenter, il est normal qu'on les tabasse aussi plus jeune. Puisque les seuls à se révolter sincèrement contre le système sont les enfants, il faut incarcérer les enfants. L'école ne suffisant plus, dans bien des cas, à contenir leur fureur, il y a urgence à dépister dès la maternelle les comportements "déviants". C'est le bon sens.

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La tyrannie du cursus

La ruse de la modernité n'a de cesse d'étonner celui qui l'observe avec constance. Qui aurait pu penser, à la fin du XIXème siècle, que l'école put être autre chose qu'un instrument d'équité et d'ascension sociale ? Tout le discours d'alors, qui domine aujourd'hui encore les consciences, fut d'affirmer que ce n'est que par la maîtrise des idées et du Verbe que l'homme gagnait le pouvoir de s'émanciper. Le modèle des Lumières, le mythe de l'écrit vainqueur des tyrannies, a servit des siècles durant à persuader les générations nouvelles qu'une longue éducation était la garantie d'une grande liberté d'esprit.

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